Une scientifique dans un monde qui ne voulait pas d’elle
Née à Vienne, Lise Meitner obtient en l’un des premiers doctorats de physique décernés à une femme en Autriche. L’année suivante, elle rejoint le chimiste Otto Hahn à Berlin, entamant une collaboration de plus de trente ans à l’Institut Kaiser-Wilhelm.
Mais en , la montée du nazisme la contraint à fuir l’Allemagne. Exilée en Suède, elle poursuit ses recherches dans des conditions précaires.
La fission : une découverte sans reconnaissance
Quelques mois après son départ, Hahn observe un phénomène inattendu : le noyau d’uranium semble se scinder. Depuis la Suède, Meitner en donne l’explication : le noyau se divise en deux, libérant une quantité d’énergie considérable. Avec son neveu Otto Frisch, elle publie cette interprétation en et introduit le terme fission nucléaire.
Cette découverte bouleverse la physique. Pourtant, en , le prix Nobel de chimie est attribué à Otto Hahn seul. Lise Meitner, pourtant essentielle à la compréhension du phénomène, est écartée.
« Les scientifiques ont une responsabilité dans ce qu’ils découvrent. »
Une position morale rare
Lise Meitner refuse de participer au projet Manhattan, consciente des dérives possibles du progrès scientifique. Elle défend une vision éthique et humaniste de la science : la recherche n’est jamais neutre, elle engage une responsabilité.
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Une reconnaissance tardive
Ce n’est que vers la fin de sa vie que la communauté scientifique commence à lui rendre justice. En , elle reçoit le prix Enrico Fermi aux côtés de Hahn et Strassmann. En , l’élément 109 est nommé meitnérium (Mt) en son honneur.
Une mémoire à préserver
Le parcours de Lise Meitner interroge la place des femmes en science et la responsabilité morale du progrès. Il rappelle que toute découverte n’est pas seulement un fait scientifique, mais aussi une histoire humaine, parfois marquée par l’injustice.